Déjà soumis aux impacts du changement climatique, les territoires d’outre-mer doivent composer également avec la pollution du plastique dans les océans. C’est le cas notamment en Polynésie où une récente étude a revelé que 21 % des 133 poissons étudiés sur l’ile de Moorea avaient ingéré des micro-plastiques. Dans leur rapport, les députés Ramlati Ali et Nicolas Dupont-Aignan décrivent cette pollution par le plastique comme « un attentat contre l’océan». La prolifération des algues et d’espèces invasives comme l’acanthaster dans le Pacifique et les algues sargasses aux Antilles agissent aussi comme des menaces sur l’environnement marin et aquatique. « La cause de ce phénomène réside dans un apport excessif de nutriments (azote et phosphore), issus principalement de rejets agricoles (engrais liés à l’agriculture intensive , domestiques (eaux usées) et industriels. Des eaux hyperfertilisées provenant des cours d’eaux et des eaux de ruissellement diffusent des pollutions anthropiques, que celles-ci tiennent à la diffusion de produits chimiques et de métaux lourds, de nitrates issus de l’élevage porcin (comme en Bretagne et à Wallis-et-Futuna), d’insecticides de la famille des organochlorés (avec la pollution au chlordécone aux Antilles) ou au déversement des eaux usées dans l’environnement (compte tenu de la non‑conformité des systèmes d’assainissements dans certaines parties des Antilles, de Mayotte, de Wallis-et-Futuna, etc.).»Autre facteur de pollution de la mer dans les Outre-mer, le rejet des eaux usées non traitées.  « On estime que seulement 30 % de la population de Mayotte est raccordée à un réseau d’assainissement. 80 % des effluents y sont rejetés directement dans le milieu naturel, terrestre ou maritime, sans traitement. Dans ces eaux rejetées, on trouve des produits pharmaceutiques comme le paracétamol, le métoprolol ou des substances de la vie courante telles que la caféine. La moyenne des personnes reliées à un réseau d’assainissement collectif est de 44 % en Guadeloupe, 41 % en Martinique et 52 % à La Réunion», indique le rapport d’information.Pour Ramlati Ali, il est urgent d’agir vite.« De par notre insularité et nos cultures nous avons un rapport très profond avec la mer. La présence prouvée de microplastiques dans les produits de mer que nous consommons doit nous alerter et nous inciter à plus d’actions contre cette pollution qui menace notre biodiversité exceptionnelle, nos espèces endémiques, nos réserves halieutiques et nos récifs coralliens qui sont d’une beauté incomparable et corollairement notre santé», souligne la députée de Mayotte Ramlati. Les outre-mer, territoires stratégiques pour la préservation de la biodiversitéSi les territoires ultramarins sont particulièrement touchés par la pollution des océans, le rapport rappelle que ces derniers « offrent à la France la possibilité irremplaçable de nouer un lien particulier avec les « petits » États insulaires, qu’ils soient situés dans l’océan Indien, dans le Pacifique ou dans l’Atlantique.  « Il appartient à la France, pays maritime, de donner l’exemple et de se tenir en première ligne dans la lutte contre les pollutions marines. Elle doit être à l’initiative et peut entraîner derrière elle de nombreux partenaires, notamment les « petits » États insulaires avec qui elle partage de nombreuses problématiques en raison de ses outre-mer» indique le rapport qui précise que « ce sont des territoires stratégiques, au cœur d’enjeux majeurs de préservation de la biodiversité et des ressources halieutiques» . « Il y a là des enjeux de souveraineté, notamment dans le Pacifique où de fortes réserves halieutiques excitent l’appétit de pays comme la Chine ou l’Inde. Réservoirs inestimables de biodiversité et ponts avec de multiples pays sur tous les continents et tous les océans, nos outre-mer doivent constituer l’un des piliers de la politique française de préservation de l’environnement marin» poursuit le rapport. 

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